À la croisée de l’écologie et du lien social, La Boussole redonne une seconde vie aux objets… et aux personnes. Rencontre avec Valérie Gandibleux sa fondatrice.
Comment est née La Boussole ?
A l’origine, nous étions deux personnes qui partagions déjà les mêmes valeurs dans nos vies personnelles : consommer moins mais mieux, privilégier le vrac, le local, la seconde main, réparer plutôt que jeter. L’une coud et transforme les textiles, l’autre restaure des meubles. Nous étions aussi engagées professionnellement dans l’insertion de personnes éloignées de l’emploi.
En travaillant ensemble, une évidence s’est imposée : pourquoi ne pas créer un lieu qui conjugue écologie et utilité sociale ? La Boussole est née de cette envie commune de prendre soin du vivant — qu’il soit humain, animal ou végétal.
Pourquoi le nom “La Boussole” ?
Parce qu’une boussole aide à retrouver sa direction. Nous voulions que ce lieu soit un repère : pour les objets destinés à être jetés, mais aussi pour les personnes en recherche de sens, de confiance ou de dynamique.
Concrètement, comment fonctionne votre ressourcerie ?
Nous organisons des ressourceries éphémères pendant les vacances scolaires.
En début de semaine, les habitants déposent vêtements, livres, petits meubles, appareils électroniques… Nos bénévoles trient et préparent les objets. En fin de semaine, ils sont proposés à la vente à prix unique : 2 euros le kilo.
Nous animons aussi un atelier réparation chaque samedi. Les habitants viennent avec leurs objets cassés et apprennent à les réparer avec l’aide de bénévoles expérimentés. C’est un geste simple, mais puissant contre le gaspillage.
Qui fait vivre La Boussole ?
Une trentaine de bénévoles engagés.
Depuis 2023, nous accueillons également un ou une stagiaire chaque année.
Certains bénévoles sont éloignés de l’emploi. Ici, ils retrouvent un cadre bienveillant, une utilité sociale, un rythme, et surtout de la confiance. C’est un impact dont nous sommes très fières.
Quel rôle joue la ressourcerie sur le territoire ?
La Boussole, c’est :
- Un lieu accessible où s’équiper à petit prix.
- Un espace de rencontre et de convivialité.
- Un acteur concret de l’économie circulaire.
- Un levier de sensibilisation à l’environnement.
Nous créons du lien social tout en réduisant les déchets.
Quels sont vos défis aujourd’hui ?
Développer davantage les ateliers et réussir à salarier une à deux personnes pour consolider l’activité. Cela nous permettrait d’aller plus loin dans l’accompagnement et la structuration du projet.
Et dans cinq ans ?
Nous aimerions une programmation annuelle bien installée, des partenariats avec les écoles et centres sociaux, et des ateliers réguliers — techniques, créatifs et pédagogiques — animés par des bénévoles formés.
Que peut-on vous souhaiter ?
De devenir un acteur local reconnu de l’économie sociale et solidaire, capable de proposer de véritables parcours d’accompagnement en lien avec les structures d’insertion.
La Boussole n’est pas seulement une ressourcerie. C’est un lieu où l’on répare, où l’on apprend, où l’on partage — et parfois, où l’on se retrouve.